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Droit Pénal

L'un bafouille et raconte une histoire confuse. L'autre brille par son éloquence et sa crédibilité. Pourtant, ce jour-là, la vérité n'était pas du côté du plus convaincant.

J'ai accompagné un client qui accusait un homme influent de viol. Il avait déjà dénoncé les faits et s'était heurté à un classement sans suite. Le mis en cause, marié, père de famille, ayant une carrière remarquable, n'avait pas le profil d'un violeur.

Lors de la confrontation, tout semblait jouer contre mon client : stress, fragilité, mots qui se dérobent. En face : assurance, cohérence et maîtrise de la rhétorique.

Un détail m'interpelle. Aucune information sur une période de 12 ans dans le CV du mis en examen.

Je lui demande où il était. L'homme est déstabilisé. Il rougit, hésite et dit dans un murmure qu'il se trouvait dans un pays étranger. À ma demande, une commission rogatoire internationale établit qu'il n'y a jamais résidé. Je sollicite l'élargissement du périmètre des investigations.

Le résultat dépasse nos attentes. Le mis en examen avait purgé une peine de 10 ans de réclusion pour viol de plusieurs jeunes hommes dans un pays différent de celui qu'il avait indiqué.

Convoqué pour un nouvel interrogatoire, l'homme ne se présente pas. Il a fui à l'étranger. Un mandat d'arrêt international permet de l'interpeller et de le juger. Il est condamné à 12 ans de réclusion criminelle et à la réparation du préjudice subi par mon client.

Dans ce dossier, comme souvent, le diable se cache dans les détails. Derrière les apparences, la vérité exige rigueur, persévérance et courage.